--- Sommes-nous des machines ? --- Première heure.
Introduction.
Qu’est-ce qu’une machine ? Un ensemble de parties assemblées entre elles (interdépendantes les une des autres) afin d’opérer la transformation d’un mouvement initial reçu. Par exemple une montre : c’est un assemblage de rouages qui transforment le mouvement d’un ressort qui se détend (ce ressort fournissant l’énergie nécessaire à la mise ne mouvement de chaque partie du mécanisme) en un déplacement régulier, métronomique, d’aiguilles sur un cadran. Le tout étant organisé dans un but précis : mesurer l’écoulement du temps. Pour fonctionner, une machine se contente donc d’obéir aveuglément aux lois de la mécanique : chaque partie réagit nécessairement en fonction de l’action qu’exerce sur elle les parties antécédentes (ainsi le comportement d’un rouage de la montre est entièrement déterminé par celui des rouages qui agissent sur lui). Dans un mécanisme, chaque maillon de la chaîne, chaque élément du processus agit aveuglément sur les autres qui subissent passivement son action. On pourrait raisonnablement concevoir le vivant comme une machine car ce qui caractérise un organisme est, comme une machine, un ensemble de parties visant à assurer le fonctionnement d'un ensemble. Un être vivant serait donc une machine obéissant à des processus mécaniques plus complexes à percevoir que ceux qui sont issus de l’industrie humaine. Ainsi une cellule serait une usine microscopique transformant de l’énergie en matière ou de la matière en énergie…
Toutefois, ne s’agit-il pas là d’une comparaison somme toute grossière entre deux formes de réalités qui ne doivent pas être confondues ? Une machine reste un objet qui n’a rien de vivant ! Elle est essentiellement un composé artificiel de matière inerte , un agencement de la main de l’homme. Or ce qui est caractéristique de la matière inerte, c’est que son état dépend intégralement des forces qui agissent sur elle sans qu’elle puisse opposer de résistance à cette action (par exemple, l’état de la cire, solide ou liquide, dépend de la température à laquelle elle est exposée). Ce n’est justement pas le cas du vivant. Aussi rudimentaire soit-il, comme l’amibe, il ne subit pas passivement l’action des forces extérieures mais peut s’y adapter activement grâce à tout un ensemble de processus internes qui lui permettent de maintenir son unité morphologique malgré les variations de l'environnement. Ces processus, qui permettent justement de distinguer le vivant de la matière inerte sont :
- L’assimilation. La capacité de rendre semblable à soi ce qui est autre (une bactérie va s’emparer d’une substance qui n’a rien à voir avec elle - un sucre, par exemple – à partir de laquelle elle va fabriquer sa propre protéine. Grâce à des catalyseurs biologiques, les diastases, elle décompose et recombine les éléments de la substance conformément à sa structure propre. Ce processus de dégradation et de synthèse définit le métabolisme. Propriété tellement importante qu’on peut se demander si elle n’est pas l’essence même du vivant ! « Le métabolisme, c’est la vie même ! ».
- La croissance. Le métabolisme permet au vivant de s’accroître jusqu’à atteindre une taille spécifique. Le processus s’interrompt alors… Il peut laisser la place à celui de l’autoréparation si le vivant subit une dégradation qui menace son unité morphologique.
- La reproduction. Qu’elle se fasse par fusion de gamètes (mâles et femelle), c’est-à-dire par le rencontre de cellules spécifiques à la reproduction (fécondation) ou par scissiparité (la division en deux d’un même individu dans la reproduction agame), en tout état de cause, le vivant est en mesure de produire un individu nouveau à partir d’un ancien (qu’il s’agisse d’un être tout autre dans le cas de la fécondation, ou d’un véritable double dans celui de la duplication).
Il semble donc que tout vivant semble s’organiser de lui-même afin d’atteindre un but qui est interne à l’organisme (se conserver, se reproduire…), ce qui n’a évidemment aucun sens pour une machine ! La vivant peut-il se réduire à un ensemble de processus mécaniques ou bien dispose-t-il d’une spécificité qui le rend irréductible à ceux-ci ? Et si nous tenons à voir dans le vivant une machine, à quelles conditions pouvons-nous concevoir celui-ci dans recourir à l’idée d’une finalité interne ?

0 Comments:
Post a Comment
<< Home