Tuesday, August 08, 2006

--- "Existe-t-il des vérités définitives ?" --- Deuxième heure.

La notion de vérité est un peu mieux cernée ; à partir de là on peu réfléchir à ce que cette question peut avoir de problématique [voir Deuxième heure, (2) De la question au problème].
Introduction.
La vérité est un jugement que l'on porte sur la réalité, mais qui a la caractéristique, parce qu'il peut apporter la preuve méthodique de sa nécessité, de pouvoir être partagé par tous les hommes (dès lors qu'ils sont raisonnables) et de résister à toute réfutation (ce qui est affirmé ne pouvant être autrement). Une vérité est donc, contrairement aux opinions sans cesse fluctuantes, un jugement sur lequel il semble impossible de revenir et qui doit être fixée et admis par tous une bonne fois pour toute. D'où l'idée selon laquelle une vérité est une affirmation définitive. Ainsi le "théorème de Pythagore" : on voit bien qu'une telle affirmation ne nous apparaît pas comme la croyance d'une époque déterminée de l'histoire, mais qu'elle échappe au temps ; que cette pensée a bien quelque chose d'éternel, et qu'elle ne peut être affectée par les changements de mentalité, parce qu'elle est l'expression de la réalité telle qu'elle est !
Toutefois, si l'on réfléchir à un domaine aussi fiable que la physique mathématique, on peut se souvenir du fameux "Newton, pardonne-moi !" que lance Einstein à son illustre prédécesseur et qui annonce la nécessité, pour le savant, de remplacer la théorie de la gravitation universelle par une nouvelle et plus pertinente, celle de la relativité générale (à partir de 1916). On voit donc que ce qui fut admis pendant plus de deux siècles comme une vérité définitive, dévoilant l'essence même de la nature et à la base de progrès considérables pour la civilisation occidentale, s'avère remis en cause et dépassé par un nouveau "point du vue" sur les propriétés de la matière. N'en serait-il pas ainsi de tous les faits même les plus solidement établis ?
Ce que nous appelons "vérité" et que nous considérons comme une description de la réalité telle qu'elle est n'est-il plutôt une certaine perspective susceptible de pouvoir être éclipsée par une autre ? Dans ces conditions, qu'est-ce qui permet à ce qui n'est peut-être qu'un point de vue parmi d'autre de se présenter comme un jugement définitif, de s'imposer comme vérité ?
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A propos du grand remaniement des concepts newtonniens qu'opère Einstein, on peut retenir ce texte extrait des Notes autobiographiques de 1949 :
  • "Newton, pardonne-moi [Verzeih'mir]. La voie que tu as ouverte était la seule qu'un homme doué d'une intelligence brillante et d'un esprit créateur pouvait trouver à l'époque. Les concepts que tu as élaborés guident encore aujourd'hui nos raisonnements en physique, même si nous savons qu'il nous faut désormais les remplacer par d'autres concepts qui, plus éloignés de l'expérience directe, nous permettront seuls de parvenir à une compréhension plus profonde des relations entre les choses"

On voit donc qu'il ne suffit pas, pour passer d'une question à un problème, de maîtriser le sens général des notions (en l'occurrence la notion de Vérité) ! Une culture générale est indispensable pour rapporter le sujet à une réalité bien concrète à laquelle il peut faire allusion !

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